de pelican66 le Sam Fév 02, 2008 12:58 pm
Salut à tous, voici mon point de vue sur la question, il n'engage biensûr que moi. Je pense que l'on peut avoir 2 réactions vis à vis du geste du prof .
La première serait de le condamner; évidemment, quand on choisit de devenir prof et de travailler avec des ados, il faut appliquer quelques principes simples de psychologie de l'ado, à savoir que l'adolescent, d'une part, cherche des limites, des cadres, et d'autre part, qu'il cherche des exemples à suivre. Aussi, les profs, tout autant que ses parents, sont des exemples pour lui que ce soit pour la vie en société mais aussi pour le respect de certaines notions telles que le respect d'autrui, la politesse, la tolérance...Comment peut-on décemment prôner des valeurs de non-violence quand soi-même on n'est pas capable de règler un conflit sans avoir recours à la violence ? Je bosse moi-même dans un collège, qui n'est pas classé ZEP, mais où l'on trouve des ados dont le comportement n'est franchement pas adapté à la vie en société, et pourtant il existe des recours, et même si parfois certains sont élèves vous titillent jusqu'à vous faire virer au rouge, il y a des solutions autres que les gifles. Je pense notamment aux punitions accompagnées d'un vrai dialogue qui permet à l'élève injurieux de prendre conscience de ses actes et paroles...
La seconde réaction serait de comprendre le geste du prof, qui après tout, n'est qu'un être humain. Celui -ci a ses problèmes, ses doutes, ses émotions, et peut-être qu'à ce moment-là, les paroles du jeune ont été la goutte d'eau. Et puis, on ne traite pas son prof de connard (même si on le pense !).
Celà dit, en tant qu'adulte, le prof aurait dû faire preuve de sang froid et respecter l'éthique de son métier. Bien qu'ayant un statut plus élevé dans la hiérarchie de l'établissement scolaire que celui de l'élève, le prof n'est pas Dieu, s'il demande d'être respecté de ses élèves, il faudrait aussi penser que lui-même leur doit le respect .
Des deux protagonistes, je pense que celui qui a dû se sentir le plus humilié est quand même l'élève giflé par un adulte devant ses camarades (et non l'adulte insulté par un enfant) et que de ce fait, le prof doit être sanctionné. Peut-être aussi, le parent d'élève, bienque représentant de la force publique , aurait pu jouer lui aussi son rôle éducatif en engageant le dialogue avec le prof et son enfant plutôt que cautionné les yeux fermés le comportement de sa progéniture...Aimer son enfant ce n'est pas passer tous ses caprices, c'est aussi lui apprendre que les relations entre êtres humains doivent être respectueuses. La liberté ce n'est pas écraser l'autre, c'est le respecter .... Il me semble que suite à cet incident, le jeune doit se sentir dans son plein droit et penser qu'insulter un autre être humain n'est pas si grave que ça (puisque son propre père le défend) et que cela ne mérite absolument pas une gifle... Et s'il avait traîté son père de connard, n'aurait-il pas pris de gifle ?!
Pour être bref : le prof n'aurait pas dû giflé le gamin mais le père n'aurait pas dû porter plainte !